8 juillet 1999 : Human Rights Watch reproche à l'ONU d'avoir co-signé le plan de paix en Sierra Leone

NATIONS UNIES (AP) -- L'organisation Human Rights Watch a reproché jeudi à l'ONU d'avoir co-signé l'accord de paix en Sierra Leone, qui prévoit l'amnistie pour les rebelles, estimant que l'impunité ne fera que provoquer d'autres atrocités.

Le réprésentant spécial de l'ONU Francis Okelo a signé l'accord obtenu au Togo mercredi, tout en précisant que les Nations unies ne reconnaîtraient pas l'amnistie en cas de violations graves des droits de l'homme. Mais l'ONU n'a pas précisé quelles amnisties seraient rejettées.

Les rebelles ont notamment fait régner la terreur dans la population civile en se livrant à des exécutions sommaires, mutilations et amputations à grande échelle.

``Les Nations unies n'auraient jamais dû s'impliquer dans un accord qui prévoit une telle amnistie'', a déclaré Peter Takirambudde, responsable de la section Afrique de Human Rights Watch. ``Les Nations unies devraient savoir que toute paix bâtie sur l'impunité ne peut durer, et peut servir d'invitation à d'autres atrocités à l'avenir'', a-t-il ajouté, citant le cas de l'Angola où il y a eu amnistie mais où la guerre civile a repris de plus belle.

L'''accord de paix ne peut tout simplement ignorer huit ans d'atrocités'', qui ont fait des dizaines de milliers de morts et un nombre impressionnant de handicapés, a estimé M. Takirambudde.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan était pour sa part à Freetown jeudi, pour rassembler le soutien le plus large possible à cet accord de paix et discuter de la difficile question du désarmement. Cet accord de paix est le second signé ces trois dernières années.

12 juillet 1999 : Human Rights Watch : "L'ONU doit clarifier sa position sur l'amnistie en Sierra Leone"

4 août 1999 : Amnesty International : "Le Conseil de Sécurité devrait clarifier la position des Nations Unies sur l'amnistie générale prévue par le traité de paix"

18 octobre 1999 : Madeleine Albright, en visite à Freetown, rencontre les rebelles et confirme leur impunité en appelant cela le prix d'une paix désespérément nécessaire après une lutte où la mutilation des membres était une tactique rebelle commune. Mais Albright a reconnu que cela ne satisfait pas un désir de justice le plus élémentaire

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